AstraZeneca va outsourcer l’ensemble de sa production
Resumé : L’outsourcing de l’ensemble de la capacité de production du leader pharmaceutique AstraZeneca repose la question de l’entreprise sans usines, présentée comme un business model vertueux dans le textile et l’électronique La nouveauté, ici n’étant pas vraiment la décision d’outsourcer mais d’outsourcer la totalité de ses productions. L’enjeu de cette décision est de transformer une problématique de Coûts vers une problématique de Risques.
AstraZeneca –leader mondial des produits pharmaceutiques- a annoncé son intention d’outsourcer complètement son outil de production d’ici 10 ans. AztraZeneca, faisant le constat de son inefficience en production, doit devenir une société uniquement basée sur la recherche et développement, et le marketing, laissant à d’autres le soin de fabriquer ses propres marques.
Nous sommes habitués à de tels discours sur l’entreprise sans usine depuis de nombreuses années. Certains secteurs comme l’industrie textile ou l’électronique ont franchi le cap voila bien longtemps, pour privilégier des coûts plus faibles et une plus grande souplesse. Voila maintenant que l’industrie pharmaceutique soumise de plus en plus a la loi du marche et à la pression sur les prix qui va avec, s’inscrit dans ce même modèle.
En tant qu’auteur de ce blog, je pourrais voir dans cet exemple la preuve exemplaire que l’outsourcing est LE modèle d’avenir mais il n’en est rien. En effet, je suis perplexe devant les choix de ce groupe. Pourquoi ? Parce que l’outsourcing n’est pas la panacée. C’est une solution à un problème précis, pas une solution globale. Ce qui surprend dans cette annonce est son caractère général. La décision de « Tout out-sourcer » transforme une problématique coûts en une problématique Risques. En effet, transférer la production a l’externe crée un certains nombre d’incertitudes et donc de risques supplémentaires a mesurer et gérer: Incertitude qualité, Incertitude de capacité, Incertitude de fonctionnement, Incertitude Prix. Ce transfert n’a de sens bien sur que si la production transférée coûte au global moins cher car elle est plus efficiente et/ou demande moins de ressources. Dans tous les cas, il s’agit d’installer une nouvelle relation pour gerer au mieux les contraintes de volumes
Dans l’industrie pharmaceutique, il y a fort a parier que les fournisseurs capables de produire dans les conditions requises avec les agréments requis, dans des volumes et délais requis, sont rares. Dans ces conditions, le partenariat avec ces rares fournisseurs est la clef du succès mais cela nécessite un engagement sur le long terme et l’acceptation d’une dépendance accrue, avec une moindre confidentialité. L’analyse des 20/80 du portefeuille produit pourrait aider à mesurer le risque que l’entreprise prend en se liant ainsi à ses fournisseurs partenaires.