Mardi 14 août 2007
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Mattel est contraint de rappeler plus de 18 millions de jouets dans le monde fabriqué par un sous traitant, du a un problème qualité majeur. Une situation de crise, avec en plus le suicide
du partenaire producteur chinois.
Ce cas reflète l’arbitrage dans les lieux de production qui s’est opéré depuis de nombreuses années en faveur des LCC, Low Cost Countries, essentiellement pour des raisons économiques. Bien que
cet arbitrage ne soit pas remis en cause par ce cas, il montre clairement comment l’outsourcing d’activités clefs revele de nombreux risques mal mesurés, et d’autant plus que cette production se
déroule en LCC.
Rien ne sert de critiquer ou de généraliser à tous les LCC le cas Mattel, mais il est évident qu’un contrôle qualité chez un sous-traitant est plus compliqué à mettre en œuvre et a suivre. La
responsabilisation des opérateurs est plus difficile et la communication d’une culture qualité est plus difficile à mettre en œuvre. Le risque qualité est donc mal appréhendé. Il est urgent quand
on envisage d’externaliser une activité de mettre en place une analyse complète des risques et un plan d’actions pour les atténuer.
La première démarche est d’identifier les risques : Les risques peuvent être de différentes nature et de différents types: Risque qualité au niveau de la production comme dans le cas
Mattel mais aussi Risque de perte de suivi et de contrôle / Risque de dépendance vis-à-vis du fournisseur (risque de faillite ou de moindre pouvoir de négociation) / Risque de pertes de Know- how
/ Risque de perte de confidentialité / Risque financier vis a vis du fournisseur (Augmentation financière, position dominante..) / Dilution des responsabilités / Difficulté de relations et de
coordination
Une fois identifiés, les risques doivent être adresses et mesurés : Probabilité, impact, gravité.
Ensuite, ces risques doivent être classes et hiérarchisés selon leur impact: Stratégiques, projets, produit…
Ces risques peuvent être adressés ensuite de différente façon: Clarification des responsabilités contractuelles (qui gère, qui décide, qui assume la décision ?), mise en place de procédures
de contrôle, de tableau de bords, de procédure de management des crises... Dans tous les cas, les risques doivent faire l’objet d’un suivi rigoureux et l’acheteur de sous-traitance va être au
cœur de ce processus car la relation avec le fournisseur va s'articuler autour de ces responsabilités reciproques. En cas de probleme, comme on le voit avec Mattel aujourd'hui ce partage des
responsabilités devient vite un embroglio car les produits realisés en sous-traitance sont realisés et approuvés par les 2 partenaires. Ainsi, bein que la responsabilité en cas de déficience
d'un produit fini est a priori claire, obligeant le fourniseur a respecter un cahier des charges, l'interactivite entre les 2 entreprises est tellement etroite que souvent le partage
des responsabilités n'est pas aussi simple.
Un tel management des risques, et notamment un contrat statuant clairement les responsabilités, les assurances en jeu, les rsiques couverts, les montants en jeu, peut clarifier les regles du
jeu et limiter l'occurrence de ces risques et surtout en limiter l’impact par des réponses appropriées. Mattel aujourd’hui traverse une situation difficile qui peut concerner beaucoup
d’autres entreprises et lourdement impacter leur business. Cet épisode met en lumière une gestion des risques déficiente. Heureusement leur gestion de la crise est en revanche exemplaire par
leur réactivité et la communication autour.
L'externalisation implique toujours un contrôle qualité de la production ou des prestations. Les tâches ou prestations fournies doivent respecter le contrat. L'entreprise qui a confié ses activités à une société d'externalisation est en droit de ne pas payer si les marchandises ou prestations ne respectent pas les normes de qualité. Externalisation ne signifie pas seulement low cost mais également respect qualité.