Samedi 4 août 2007
6
04
/08
/Août
/2007
10:01
Les acheteurs sont en ce moment confrontes a des phenomes mondiaux qui impactent fortement leurs resultats. L'economie mondiale change, cela n' a rien de nouveau. En revanche, le fait nouveau c'est
la rapidite et la soudainete des changements qui demandent une pro-activite et une gestion des risques assez mal apprehendes par toute une generation de nouveaux acheteurs habitues a des taux de
croissance positifs et des regles du jeu stables.
Voyons ces changements:
Les matieres premieres deviennent des matieres rares. Leur prix flambe et le fournisseur se trouve en situation d'arbitrage face a ces clients alors que les acheteurs sont habitues a operer eux
memes ces arbitrages. Comment dans ces conditions gerer le risque lie a cette nouvelle donne? Tout d'abord l'identifier et accepter ce risque. Selon les marches, le risque est
inflationiste ou beaucoup plus grave remet en cause la securite des approvisionnements. Des solutions nouvelles s'imposent, plus engageantes pour securiser les prix ou l'offre. Les durees des
contrats s'allongent, les engagements de volumes se multiplient, des partenariats plus solides sont a construire, des projets d'analyse de la valeur sont a mettre en place cotes fournisseurs mais
aussi cote clients, le marketing achat reprend ses lettres de noblesse. C'est l' ere des achats oportunistes qui s'acheve, au profit des achats de partenariat, plus engageant de part et d'autre.
Les rapports client/fournisseur deviennent plus equilibres, au profit de ces derniers. Les acheteurs de sous-traitance sont habitues a travailler ainsi avec leurs fournisseurs et peuvent aider
en matiere de methodologie les acheteurs de commodites.
L'economie mondiale se transforme, sous l'effet des bourses qui surssautent au moindre risque financier, potentiellement contagieux au reste de l'economie, sous l'effet de l'essor du poids des
fonds d' investisement, sous l'effet de la surchauffe asiatique. L'economie n' est plus uniforme, la croissance n'est pas garantie, rien n'est acquis et le pire peut toujours arriver, voila une
nouvelle realite que peu d'acheteurs connaissent puisque depuis 5 ans la bourse ne fait que promettre des lendemains chanteurs a toutes nos entreprises du Cac 40, entrainant derriere elles un
climat de croissance vertueux, un systeme financier genereux, pret a couvrir les rsiques de nombreuses PME. Mais voila, des que Wall Street tousse, supportees par une conviction subjective
qu'une crise immobiliere partielle americiaine pourrait bouleverser la donne de tout le systeme economique mondial, les bourses europeenes reviennent sur terre et enrayent leurs
belles envolees pour se replier sur leurs peurs paralysantes . Nul doute que l'ensemble des entreprises peuvent etre affectees par un tel climat, notamment si le credit se fait plus rare
ou exige des garanties supplementaires que les fournisseurs ne manqueront pas de emander a leurs clients partenaires. Pour l'acheteur, cela va signifier une plus grande prudence dans le choix de
ses partenaires, une meilleure evaluation et une gestion dynamique des risques avec ces partenaires. Cela va aussi signifier un engagement plus etroit avec les fournisseurs afin de
devenir un " client" privilegie.
Il va falloir proposer au fournisseur non seulement de grandir ensemble mais surtout de s' assurer qu' il peut grandir efficacement et qu' il veut grandir avec son client! Voila une nouvelle facon
de travailler car cela suppose une grande capacite de conviction de l' acheteur en interne pour convaincre tous ses interlocuteurs qu'un fournisseur prospere et fier de son client est un bon
partenaire.
La fonction achat peut sortir grandie de cette nouvelle donne mondiale, si elle sait prendre la mesure des nouveaux enjeux qui se profilent: Seduire le fournisseur, Apprehender les risques,
Investir ensemble dans des projets, voila les nouveaux metiers que les acheteurs doivent mettre en place pour faire face a ces nouveaux defis mondiaux.
Commentaires Récents